✏️ Julien M.📅 20 mai 2026📁 DPE & audit énergétique

Le DPE G en location est désormais frappé d’interdiction depuis le 1er janvier 2025. Tout logement classé G au Diagnostic de Performance Énergétique ne peut plus être loué pour un nouveau bail dans la France métropolitaine, ce qui concerne environ 600 000 logements selon les statistiques de l’Observatoire des DPE (2024). Si vous êtes propriétaire-bailleur d’un logement DPE G ou en cours d’acquisition pour de la location, voici ce que dit exactement la loi Climat et Résilience, les sanctions encourues, et les solutions concrètes pour sortir de la classe G en 2026.

Document DPE classe G en rouge sur étiquette énergie de location

DPE G en location : ce qui change depuis 2025

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a fixé un calendrier strict d’interdiction progressive de location des logements énergivores. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus faire l’objet d’un nouveau bail. Les baux en cours peuvent se poursuivre jusqu’à leur renouvellement ou résiliation, mais ne peuvent plus être renouvelés tacitement ou prolongés. Cette interdiction touche les bâtiments à usage d’habitation, en métropole, hors résidences secondaires, locations touristiques et résidences avec services. À partir du 1er janvier 2028, ce sera le tour des logements DPE F. Et en 2034, les logements DPE E suivront.

Réponse directe : sanctions et obligations

Louer un DPE G en 2026 expose le bailleur à plusieurs sanctions. Le locataire peut saisir le tribunal judiciaire pour demander une réduction du loyer (jusqu’à 100 % de remise selon le juge), une action en travaux forcés (le juge oblige le propriétaire à isoler) ou la requalification du bail. La caution et le dépôt de garantie peuvent être renvoyés au locataire. Le bailleur n’a en revanche pas d’amende administrative directe à ce jour (sauf en cas de fraude sur le DPE lui-même). Les compagnies d’assurance bailleur refusent désormais d’assurer les logements G pour la garantie loyers impayés.

Quels logements sont concernés

Un logement est classé G quand sa consommation d’énergie primaire dépasse 420 kWh/m²/an ou ses émissions de gaz à effet de serre dépassent 100 kg CO2/m²/an. En pratique, les logements DPE G sont majoritairement des bâtiments anciens (avant 1948) mal isolés, chauffés à l’électricité ou au fioul, avec simple vitrage et faible R en toiture. La région Île-de-France concentre 22 % des passoires thermiques, suivie par Auvergne-Rhône-Alpes (15 %) et Nouvelle-Aquitaine (11 %). Comprendre le détail du diagnostic permet de prioriser les travaux : voir notre guide complet interdiction de location DPE E et le détail des DPE intermédiaires comme le DPE E en location.

Propriétaire bailleur consultant un diagnostic DPE chez le notaire

Sortir de la classe G : quelles solutions concrètes

Trois leviers majeurs permettent généralement de passer de G à E en une seule rénovation. L’isolation des combles est le poste prioritaire : pour 2 000 à 4 000 € après aides, on gagne en moyenne deux classes énergétiques. Le remplacement du système de chauffage (chaudière fioul ou électrique vétuste par pompe à chaleur air-eau ou granulés) ajoute encore deux à trois classes. L’isolation par l’extérieur (ITE) reste l’option la plus performante mais coûteuse (10 000-25 000 € après aides). En cumulant ces trois interventions dans le cadre d’un parcours France Rénov’ Mon Accompagnateur Rénov’, un logement DPE G peut atteindre DPE C ou D en 4 à 8 mois de travaux.

Budget rénovation type

Pour un T2 de 50 m² en classe G chauffé à l’électricité, le budget rénovation complète moyen s’élève à 32 000-48 000 € TTC avant aides. Les aides MaPrimeRénov’ Parcours accompagné couvrent 30 à 65 % selon les revenus (40 à 90 % pour les ménages très modestes). Reste-à-charge typique : 9 000 à 24 000 €. Pour une maison de 100 m² G en milieu rural, le budget total atteint 55 000-85 000 € avec un reste-à-charge de 18 000-40 000 € après aides. Le retour sur investissement par baisse de la facture énergétique se situe entre 8 et 15 ans selon le profil.

Aides spécifiques pour les bailleurs

Les propriétaires-bailleurs accèdent à MaPrimeRénov’ Parcours accompagné depuis 2024 (loi de finances) à des conditions adaptées : aide majorée si les loyers sont plafonnés (dispositif Loc’Avantages), aide spécifique sortie de passoires thermiques. Les CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) restent cumulables. La déduction des intérêts d’emprunt et du déficit foncier (plafond porté à 21 400 € sur 2023-2027 par la loi pouvoir d’achat) facilite le financement par crédit immobilier travaux. Le PTZ (Prêt à Taux Zéro) rénovation peut atteindre 50 000 € pour un bouquet de travaux.

Procédure pour bénéficier des aides

La démarche commence par un audit énergétique réalisé par un auditeur certifié (700 à 1 200 €, voir notre guide prix d’un diagnostic énergétique). Cet audit propose un scénario de rénovation chiffré pour atteindre les seuils DPE. Le dossier MaPrimeRénov’ est ensuite déposé via France Rénov’ (numéro 0 808 800 700 ou via le site officiel). Un Mon Accompagnateur Rénov’ obligatoire pour les Parcours accompagnés suit le projet de bout en bout (1 200-2 500 € prise en charge par MaPrimeRénov’).

Auditeur énergétique avec caméra thermique sur mur mal isolé

Vendre ou rénover : que choisir ?

La décision dépend de votre situation patrimoniale et fiscale. Vendre un DPE G se fait aujourd’hui avec une décote moyenne de 9 à 17 % par rapport à un équivalent classé D (Notaires de France 2024). Cette décote risque de s’accentuer d’ici 2030. Rénover pour atteindre DPE D ou C augmente la valeur marchande de 8 à 14 %, soit un quasi-équilibre financier entre les deux scénarios sur le long terme. La rénovation reste préférable si vous comptez conserver le logement ou en faire un investissement locatif longue durée. La vente s’impose si vous n’avez pas la trésorerie ou si le bien est trop dégradé pour atteindre la classe E en restant rentable. Un simulateur comme le simulateur DPE permet une première estimation des gains attendus par scénario.

Questions fréquentes

Peut-on louer en bail mobilité un DPE G ?

Non, le bail mobilité (1 à 10 mois) est aussi concerné par l’interdiction depuis 2025. Seules les locations touristiques de courte durée (moins de 90 jours consécutifs au même locataire, type Airbnb) échappent à l’interdiction. La Cour de cassation pourrait clarifier ce point en 2026.

Un DPE G en colocation est-il interdit aussi ?

Oui, toute location à usage de résidence principale est concernée, y compris les colocations à bail unique ou à baux individuels. Aucune exception légale n’existe pour ce type de location. Le locataire peut faire valoir ses droits identiquement.

Comment contester un DPE G défavorable ?

Le DPE peut être contesté en demandant un second diagnostic à un autre diagnostiqueur certifié. En 2024, environ 12 % des seconds diagnostics donnent une classe différente. Si l’écart est important, signaler le premier diagnostiqueur à l’ADEME pour vérification de la méthode appliquée.

Article mis à jour le 20 mai 2026. Sources : Loi Climat et Résilience 2021, Observatoire des DPE — Statistiques 2024, France Rénov’ 2026.